Maîtriser les couleurs longues

Dans mes précédents billets, nous avons analysé ensemble plusieurs situation d’attaque, la problématique étant souvent de savoir quel plan de jeu mettre en place pour mener vos attaques.

Aujourd’hui, nouvelle donne, attaquons nous à des situations plus défensives, une « longue » en main.

Supposons que vous ayez cette main à l’atout Pique, joueriez-vous votre As ?

Une couleur longue, quand elle n’est pas atout, est toujours une couleur dangereuse et donc une arme interessante en défense. Tout d’abord, prenez connaissance des valeurs suivantes :

Si vous avez quatre cartes dans une couleur, la distribution (auprès des trois autres joueurs) sera de :

  • 4 – 0 – 0 : dans 2% des cas
  • 3 – 1 – 0 : dans 25,3 % des cas
  • 2 – 2 – 0 : dans 22,1 % des cas
  • 2 – 1 – 1 : dans 50,6 % des cas

Ainsi, une fois sur deux, vous allez vous faire couper si vous possédez l’As de cette couleur longue. Cependant, il faut aussi prendre en compte qu’une fois sur trois, c’est votre partenaire qui coupe (en réalité, il défaussera). Ainsi, dans 66,5 % des cas, votre As 4e ne se fera pas couper.

Cette valeur n’est qu’une indication. Dans la réalité, jouer ou non son As 4e dépendra de la possibilité ou non de mettre à l’abri cet As sur d’autres couleurs lors des défausses…

Si vous avez cinq cartes dans une couleur, la distribution sera de :

  • 3 – 0 – 0 : dans 8,3 % des cas
  • 2 – 1 – 0 : dans 66,4 % des cas
  • 1 – 1 – 1 : dans 25,3 % des cas

Ainsi, dans la majorité des cas, vous allez vous faire couper. Dans le premier cas, votre partenaire pourrait éventuellement surcouper, donc la situation dépendra de la situation des atouts. Dans le second cas, votre partenaire pourrait être, une fois sur trois, celui qui coupe.

Comment jouer les couleurs longues ?

Ainsi, réellement, comment jouer les couleurs longues ? Quelle conclusion peut on formuler ?

Si vous avez l’As, ayez peur des coupes. Il faut avoir en tête deux points essentiels : si vous avez d’autres moyens de mettre à l’abri les 11 pts de votre As autrement, choisissez de ne pas prendre des risques.

Ainsi, si revenons à notre exemple en début de page :

Dans cette situation, vous n’avez plus la main plus tard. Ainsi :

  • Si vous êtes dans le camp défenseur : tentez de jouer votre As, c’est sa seule chance de salut,
  • Si vous êtes le partenaire du preneur, jouez votre Roi qui est ici l’équivalent de l’As, et défaussez votre As puis votre 10, sur des plis maitres de votre partenaire.

Enfin, si vous n’avez pas l’As dans la couleur, vous devez vous demander à qui la coupe de l’As profitera-t-il ? Il ne faut pas oublier que l’As (qui se fera probablement couper) peut être chez vos adversaires, comme chez votre partenaire.

Vous comprenez maintenant que les probabilités de distribution des cartes restantes, exprimées plus haut, permettent de mettre en relief les chances qu’il vous restent de sauver vos cartes à forte valeur.

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